Depuis toujours, les Japonais vivent en communion avec la nature. Partir en excursion en famille ou entre amis pour aller admirer les cerisiers en fleurs, l’éclosion des glycines ou la splendeur des érables en automne est pour eux tout naturel. L’art floral japonais – ikebana - plonge donc ses racines dans ce respect et cet amour que les Japonais ont toujours porté aux arbres, aux fleurs et aux plantes.

Connu également sous le nom de kado – la voie des fleurs – l’art de l’ikebana est une forme de méditation sur le passage du temps et des saisons, sur le constant renouvellement de la vie. Art religieux à l’origine, imprégné du bouddhisme chinois et uniquement destiné aux temples et aux dieux, l’ikebana évolua ensuite vers un art de cour - fortement influencé par le minimalisme zen - pour devenir à partir du XIXème siècle un art pratiqué par toutes les couches de la société.

Fondé sur des concepts comme l’asymétrie, le vide, l’harmonie entre contenant et matériaux, le respect des saisons, la trilogie homme-ciel-terre, l’ikebana est l’une des formes les plus raffinées de l’esthétique japonaise. Il ne s’agit pas de copier la nature mais d’en exprimer l’essence intime, de révéler l'incroyable beauté de formes, de couleurs et de mouvements dont regorge notre environnement, et de capter le changement perpétuel de la nature, source inépuisable de beauté et d'inspiration.

Ikebana est formé d’ikeru (vivre) et de hana (fleur). L’ikebana est donc l’art de faire revivre les fleurs, de leur donner une seconde vie. Mais c’est aussi l’art de vivre avec les fleurs, par les fleurs.

La maison traditionnelle japonaise possède un tokonoma, alcôve située dans la pièce principale. Orné d’une peinture ou d’une calligraphie, parfois d'objets précieux, le tokonoma accueille le bouquet qui exprime le rythme des saisons, l’écoulement du temps et de la vie, et dont la forme sera plus ou moins formelle en fonction des circonstances.

Au fil des siècles, de nombreuses écoles d’ikebana sont apparues et il en existe aujourd'hui plus de mille. Les plus importantes, par le nombre d’enseignants et d’élèves, sont les écoles Ikenobo (créée au XVème siècle), Ohara (créée en 1895) et Sogetsu (créée en 1927).

L’ikebana est une composante importante de la culture japonaise. Au Japon, aujourd’hui encore, toute jeune fille doit s’initier à cet art et tout homme cultivé compose des bouquets. L’ikebana connaît un prodigieux développement dans les pays occidentaux. Il est aussi devenu un art d’épanouissement personnel et d’échanges internationaux.